Cévennes 2007
Du jeudi 28 juin au dimanche 1er juilet 2007

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Rassemblement International
Militaire Protestant


Le Rassemblement International Militaire Protestant 2006 a eu lieu comme prévu du 22 juin (18h30) au dimanche 25 juin (14h00) sur le thème "Fidèle oui, mais en quoi ?" au Centre Chrétien de Gagnières près d'Alès (Gard). Plusieurs centaines de militaires - officiers, sous-officiers et aumôniers des trois Armées et de la Gendarmerie - se sont réunis de toute l'Europe.
Un culte solennel s'est déroulé le dimanche 25 juin à 10h30.


Compte-rendu de Nathalie Guillet
pasteure et aumônier militaire à Tours


56è Rassemblement International Militaire Protestant
" Dans ses pas, suivre le Christ et agir pour la paix "
Par Nathalie Guillet

Méjannes-le-Clap n'avait jamais vu autant d'uniformes.
Du 28 juin au 1er juillet, plus de 450 militaires d'Europe et d'Afrique, principalement, se sont retrouvés dans ce joli village du Gard pour leur 56è Rassemblement International Militaire Protestant (RIMP).

 



Organisé et décontracté

Comme toujours, l'ambiance était conviviale : " C'est bon d'être là, confie Alain, pompier dans l'armée de l'air. Les gens font attention les uns aux autres… " Tous ne sont pas protestants ou évangéliques, loin de là. Certains sont venus, pour voir. Stéphane, de la base aérienne de Tours, s'est rendu au pèlerinage militaire à Lourdes, en mai. Après cela, il a eu envie de venir au rassemblement protestant : " On est moins nombreux ici, dit-il, c'est sympa ". Cette année, les allemands étaient nombreux. Mais pas seulement eux. Sont venus aussi des militaires ivoiriens, polonais, suisses, slovaques, slovènes… et même un aumônier canadien ! Chacun voit les choses selon sa culture : avec un grand sourire, un officier suisse déclare : " C'est l'organisation à la française…on se demande comment les choses vont se faire mais elles se font quand même !" Tandis que Noëlle, française et épouse d'un aumônier, positive : " Formidable ! Tout est à la fois organisé et décontracté "…

 



Une ambiance bon enfant
qui ne doit pas masquer la réalité du terrain
Qu'on ne s'y trompe pas, les retrouvailles entre militaires, la convivialité et cette ambiance bon enfant ne doivent pas masquer la réalité du terrain et le contexte international difficile. Dans une interview accordée récemment à l'Express, le général Georgelin, chef d'état major des armées déclare : " Au moment où le monde devient de plus en plus dangereux, ma responsabilité est de préparer l'armée française afin qu'elle soit en mesure de faire face à des conflits plus durs et plus importants. "* Le pasteur Dominique Calla, jeune aumônier en région parisienne, en sait quelque chose. C'est la première fois qu'il venait au rassemblement, il n'y est pas resté longtemps. A peine arrivé, la direction de l'aumônerie lui a demandé de repartir préparer ses affaires pour l'Afghanistan afin de remplacer un collègue rapatrié pour raison de santé. De tous les théâtres d'opérations extérieures dans lesquels la France est impliquée, l'Afghanistan est actuellement l'un des terrains les plus dangereux et les plus difficiles.

 

Tiraillés entre leurs convictions et leur devoir de soldat
Le thème était : " Dans ses pas…Suivre le Christ et agir pour la paix ". Pas si simple pour un militaire. Dans un contexte de guerre, de violence, quand il faut prendre les armes pour tuer, comment vivre sa foi ?… Cette question est revenue à de nombreuses reprises au cours des cultes et des ateliers de réflexion. Dans un groupe de partage, une participante française se dit frappée par l'attente des militaires ivoiriens, tiraillés entre leurs convictions chrétiennes et leur devoir de soldat. " Face aux questions cruciales qu'ils se posaient, dit-elle, on avait le sentiment qu'ils attendaient de nous des réponses, prêts à les noter sur leur calepin. Leur attente était grande mais comment répondre à de tels questionnements ? " Dans sa prédication du samedi matin, le pasteur Zweers, aumônier de la délégation hollandaise raconte : " Au cours d'un exercice, j'ai discuté avec quelques soldats de certaines de leurs missions effectuées en Afghanistan et du recours à la violence. Les réactions étaient variables, l'un d'eux - j'ignore s'il était chrétien ou non - m'a dit : " Si je pense réellement à ce que je fais, je n'ai pas d'autre choix que de quitter ce travail ". Interrogé à ce sujet, le pasteur Delannoy, directeur de l'aumônerie protestante aux armées françaises, répond : " Ces questions-là se posent à tous, pas seulement aux croyants. Contribuer à la paix dans le monde a un coût. Quel prix nos sociétés sont-elles prêtes à payer pour que la paix progresse ? Quant aux Eglises, il est urgent qu'elles réfléchissent à ces nouveaux types de conflits dans lesquels les populations sont prises en otages par des états déficients ou des terroristes bien organisés ".

" Moi j'ai confiance en ton amour "
" La seule et unique bonne réponse à toutes ces questions n'existe pas, dit encore le pasteur Zweers . Le pire serait de ne plus chercher de réponse et de ne plus établir de lien entre Dieu, ta foi et toi-même (…) Nous ne résoudrons donc pas ces tensions dans notre quotidien. Néanmoins, l'amour de Dieu reste une réalité et c'est une réalité plus grande que tout ce que nous pouvons imaginer. " Moi, j'ai confiance en ton amour " " conclut-il en citant le Psaume 13.6. Quand c'est trop dur, quand on ne sait plus, il reste la confiance en Dieu et chaque militaire la vit à sa façon. Samedi soir, à la dernière soirée, entre deux chants de fête, C., officier de gendarmerie travaillant dans une brigade de lutte contre les stupéfiants, parle de sa foi : " J'ai parfois des décisions difficiles à prendre. Ces jours-là, la prière a une grande importance. Quelque part, dans ma vie comme dans mon travail, je compte sur Dieu. ". Dans la salle des fêtes de Méjannes-le-Clap ce soir-là, on entendait les mouches voler.

Nathalie Guillet

 


Synthèse du Thème 2006 de Gagnière


Synthèse du Thème de Gagnières
56° RIMP - 28 juin - 1er juillet 2007

Aumônier Stéphane REMY

" Dans ses pas, suivre le Christ et agir pour la paix "
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Traductions disponibles (pdf):

English German

Dans ses pas : suivre Jésus !
Evangile selon Luc 9,57-62


Différentes situations nous invitent à la plus grande vigilance avant de suivre quelqu'un. Il faut avoir confiance.

Faire route avec Jésus, c'est avec certitude ce qu'ont entrepris ses disciples qui l'accompagnent vers Jérusalem. Jésus est sur la route qui le mène à la passion. Les disciples sont sur une route plus pédagogique : celle qui les conduit à mieux comprendre leur mission. " Faire route ou être en route " est employé avec insistance puisque entre le verset 51 et 57 du chapitre 9 de l'évangile de Luc il est employé 4 fois. Faire route avec Jésus n'est pas une activité réservée à une élite. Et bien que ce soient les disciples qui s'emploient à suivre Jésus du mieux qu'ils peuvent, d'autres personnes tentent de le faire. Le début des évangiles décrit notamment les foules qui suivent Jésus, intriguées et séduites par ses miracles. Le récit que nous venons de lire dans Luc est très intéressant, car il place sur la route de Jésus trois candidats-disciples. Les disciples et les foules ne retiendront pas particulièrement notre attention ce matin. Ces trois personnes anonymes se rapprochent finalement plus facilement de nous … qui ne nous prenons ni pour des élites ni pour des stars. L'évangéliste se garde bien d'ailleurs de leur donner un nom. Ils resteront donc pour nous … anonymes. Ces candidats-disciples peuvent être classés en deux catégories. Le premier et les deux suivants.

# " Le premier semble orgueilleux et présomptueux : " Je te suivrai partout où tu iras ". Jésus lui adresse alors cette parole sur les renards et les oiseaux, et lui précise qu'en ce qui le concerne il n'a pas de lieu où poser sa tête. Jésus veut probablement montrer à ce postulant qu'il sous-estime les efforts à consentir pour le suivre. Ce passage peut aussi évoquer pour nous la promesse non tenue de Pierre (Luc 22,33) qui assure Jésus de vouloir le suivre jusqu'en prison voire jusqu'à la mort. Pour Jésus, le disciple doit être tout entier consacré à sa mission, et il ne doit même pas envisager de maison où pouvoir se reposer un instant. Si ce premier candidat avait une ou deux journées de disponible à consacrer à Jésus pour l'aider, il aura vite compris que Jésus compte sur un engagement plus durable et plus entier. Dans les écoles philosophiques grecques, la relation maître-élève reste de l'ordre de l'enseignement, ou bien pour Socrate de la maïeutique qui est une démarche où le maître à force de questionner l'élève le conduit à trouver lui-même les réponses. Ici, le disciple est convié à suivre non seulement son enseignement, mais la personne même de Jésus. Le verbe " suivre " en grec a d'ailleurs donné en français acolyte. C'est ce que Jésus recherche : un acolyte qui s'imprègnera tout au long de la route non seulement de son enseignement, mais surtout de la présence de Dieu dans la personne même de son Fils. Suivre le Christ - en pleine connaissance de cause - signifie d'accepter une rupture : celle de la protection matérielle, celle de la protection maternelle, celle de l'enfance. Suivre le Christ c'est alors emprunter une route sur laquelle sera recherchée essentiellement la protection du Christ et le refuge en Dieu. Jésus en parle de façon certes excessive, mais pour mieux mettre en valeur le renoncement que cela implique. Une substitution doit pouvoir s'opérer pour que les intérêts de Dieu viennent remplir l'existence de l'homme.

# " Les deux autres disciples" quant à eux émettent des conditions préalables avant de suivre Jésus. Et le dialogue avec lui se déroule à chaque fois sur le même modèle :

1. Jésus lance un appel " suis-moi ",
2. puis l'homme adresse une requête,
3. et enfin Jésus adresse un refus de la requête et termine par un envoi.

Le contenu de l'envoi étant d'aller annoncer le Règne de Dieu. Les deux requêtes sont significatives. L'une concerne la tradition religieuse : " aller enterrer son père ". Le refus paraît exagéré. Je ne crois pas qu'il marque un refus d'accompagner sa famille dans un moment aussi important que celui d'un décès. Il pointe le moment de deuil qui suit. Nos pensées sont écartelées entre la nostalgie qui nous tire en arrière et le désir d'aller de l'avant : " la vie continue ". Se mettre à distance des coutumes qui nous enferment dans le registre de la mort s'est s'ouvrir à une vie nouvelle, apaisée. L'existence dans la foi doit s'orienter tout entière vers ce que Dieu veut faire advenir à l'intérieur même de l'homme. Rien ne doit retenir l'homme lorsqu'il se tourne vers Dieu.
La deuxième requête concerne l'univers familial : " dire adieu à ma famille ". Requête qui semble légitime. Là encore : refus de Jésus. Je retiens surtout l'orientation donnée par Jésus qui touche moins le registre familial que le fait de ne pas regarder en arrière. Regarder en arrière, s'accrocher au mauvais chemin parce que celui-ci nous est, malgré tout, plus familier. Oui ces attitudes ne caractérisent pas le comportement que Jésus attend d'un bon disciple, prêt à marcher dans ses pas.


Vous tous qui êtes venus dans les Cévennes des quatre coins du monde, si vous repartez d'ici sans votre " lettre de mission ", vous vous sentirez inutiles ! Etre des " bons soldats " du Christ, être des " candidats-disciples " prêts à répandre la Bonne Nouvelle, chercher de tout votre cœur à être dans ses pas, à suivre Jésus … c'est la mission à laquelle vous êtes appelés.

Je vous invite à chercher dans deux directions :

1. Qu'est-ce qui, en moi, fait obstacle ?

Qu'est-ce qui me retient et qui m'empêche d'être pleinement disponible pour suivre Jésus ? Comment ai-je conduit ma vie ? Quelles sont mes priorités ? Quelles sont les priorités de Dieu telles que son fils nous les révèle ?

2. Dans le monde qui nous entoure quelles sont les combats à mener ?

- les conflits dans le monde
-
désastre humanitaire au Darfour
-
le terrorisme aveugle qui prétend agir au nom de Dieu (en Afghanistan, en Irak, au Liban,…)
-
la domination de l'argent qui laisse tant d'hommes et de femmes au chômage, …

Le règne de Dieu nous appelle à regarder devant, à témoigner autour de nous de l'amour et de l'espérance. Comment puis-je être un défenseur de ce règne en tant que militaire dans mon pays ou à l'étranger ?

Que les temps de prière, de réflexion, de culte et de rencontre vous permettent de recevoir l'Esprit qui vous guidera tout au long de ce rassemblement.

Pasteur Stéphane Rémy
RIMP 2007



Plus d'informations :

Historique
C'est en 1951, que pour la première fois, une quinzaine de militaires français se rassemblent pour un week-end dans un haut lieu du protestantisme, le Musée du Désert près d'Anduze.

Dès 1954, cette rencontre s'élargit aux Belges, puis l'année suivante aux Néerlandais. Les effectifs augmentent rapidement pour atteindre jusqu'à 1500 personnes au moment de la guerre d'Algérie.

Les Allemands participent pour la première fois au rassemblement en 1962. Puis arrivent les Américains, les Suisses, les Autrichiens, les Britanniques les Finlandais, les Hongrois puis en 1999 les Slovaques.

Parmi les sujets traités en 54 ans : "Le chrétien et la guerre ; la conception chrétienne des devoirs du citoyen ; Etre protestant aujourd'hui ; Le chrétien porteur de paix ; Ensemble, pour quel témoignage ; Dieu, la violence et nous ; Quel dieu voulons-nous servir ?"...

Objectif
L'objectif de ce rassemblement annuel est d'amener les centaines de militaires à réfléchir autour de la Bible sur un thème précis. Cette année 2006, le thème abordé sera : "Fidèle, oui mais en quoi ". Autre objectif : approfondir ou découvrir une réflexion chrétienne sur des problèmes concrets qui se posent dans la vie quotidienne.
Enfin, objectif important : se rencontrer et vivre ensemble des temps de fête, de convivialité, de partage dans un cadre favorable et autour d'animations et d'excursions spécialement choisies.