Statut
des aumôniers militaires
Le
cadre de la réforme
Les textes relatifs aux aumôneries militaires ont été
publiés au Journal officiel le 18 mars 2005.
Il s'agit des décrets et arrêté suivants :
- décret n°2005-247 du 16 mars 2005, portant statut particulier
des aumôniers militaires ;
- décret n°2005-248 du 16 mars 2005, relatif aux ministres
du culte attachés aux forces armées ;
- arrêté du 16 mars 2005, relatif aux ministres du culte
attachés aux forces armées.
Cette réforme s'inscrit dans le cadre de la révision
du statut général des militaires (SGM), adopté
en deuxième lecture au terme d'un vote de l'Assemblée
nationale, à l'unanimité des députés présents,
le mardi 15 mars 2005.
Ces textes avaient été examinés par le Conseil
supérieur de la fonction militaire (CSFM) en mai 2004, au moment
même où cette instance était saisie du projet
de nouveau statut général.
La présence d'aumôniers dans les armées est prévue
par la loi du 8 juillet 1880 ; cette disposition n'a pas été
remise en cause par la loi du 9 décembre 1905 relative à
la séparation des églises et de l'Etat.
Les transformations de la société imposent une révision
du statut des aumôniers militaires, lequel date de 1964 dans
sa version actuelle. Et comme l'explique le ministre de la Défense,
"nous devons maintenant adapter le statut des aumôneries
militaires à la professionnalisation des armées "
.
Le
nouveau statut des aumôniers militaires
Ce nouveau statut offre un cadre commun et unique, véritablement
professionnel, pour les aumôniers de toutes les confessions
religieuses. Cette dimension est au cur du projet de réforme
; elle est le résultat d'une large concertation au plan interministériel
et au sein du ministère de la Défense (les textes ont
ainsi reçu l'avis favorable du CSFM), ainsi qu'auprès
des représentants des grandes confessions religieuses pratiquées
en France.
Toute personne qui sert son pays dans nos forces armées doit
pouvoir pratiquer sa religion là où sa mission l'appelle.
En outre, il est nécessaire que tous les cultes soient traités
sur un même pied d'égalité. Il n'est pas question
d'avoir des effectifs d'aumôniers proportionnels à telle
ou telle catégorie.
Conseillers du commandement, les aumôniers militaires doivent
permettre à ce dernier de prendre en compte dans son action
les usages religieux des militaires placés sous ses ordres.
Ils le renseignent aussi sur l'état du moral et participent
ainsi à la cohésion de l'unité.
Ils soutiennent le combattant dans sa dimension spirituelle, sur le
plan religieux, en lui permettant de conduire son action et, si le
cas survient, de quitter ce monde en accord avec ses convictions.
En
temps de paix comme en opérations, les aumôniers
militaires des différents cultes assistent ainsi, s'ils le
désirent, les militaires de toutes confessions sur le plan
spirituel, manifestant ainsi l'esprit d'ouverture et le refus du prosélytisme
auxquels ils se sont engagés en devenant aumôniers militaires.
Les règles de nomination des aumôniers militaires
seront très encadrées.
- Ils devront notamment posséder la nationalité française
et être en règle au regard des obligations du code du
service national. Ils seront admis à servir par contrat, initialement
de 2 ans, renouvelable pour une période de 2 ans minimum à
8 ans maximum.
- Ils seront assimilés à des officiers. Sur décision
du ministre de la Défense, ils pourront recevoir l'appellation
d'aumônier militaire en chef, d'aumônier militaire en
chef adjoint ou d'aumônier militaire régional, en fonction
des responsabilités exercées.
- Pour l'organisation du service des cultes, l'aumônier en chef
de chaque culte est placé auprès du chef d'état-major
des armées. Un aumônier régional de chaque culte
peut être placé auprès des officiers généraux
de zone de défense.
- Pour l'administration et la gestion, les aumôniers relèvent
de la direction du service de santé des armées.